Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar
Chapitre 1 : Le premier bivouac
Chapitre 2 : La marche
Chapitre 3 : Les dunes
Chapitre 4 : L’oasis de Tergit
Chapitre 6 : Les derniers jours
Chapitre 7 : La nostalgie
Chapitre 5 : La Palmeraie de M’Haireth
Samedi 15 avril

- Un bain remuant en compagnie des enfants de Tirgit
Encore une nuit ventée sur un plateau semé d’acacias noueux. Le sable est plein d’épines. C’est bizarre à force, tout ce vent et tout ce sable sans l’océan. On se dit qu’on va finir par arriver à la mer, mais la mer est à 450 kilomètres.
Presque tout le monde s’installe sous la tente pour dormir. A la nuit tombée, les petits marchands arrivent. D’où sortent-ils encore ? On achète une calebasse, un jeu de dés mauritanien, façon mikado et pour Nina, un de ces voiles vaporeux que portent les femmes.
La palmeraie est proche. On part à 7h30, et Mohamed a pris soin de seller deux chameaux pour que nous sachions à quoi ressemble une méharée.

- En vue de la grande palmeraie
- ( photo de Françoise)
D’abord, on y est à l’abri du vent. Ensuite, on regarde le monde de haut. Enfin, pour peu qu’on se laisse aller, on est bercé comme un bébé, au risque de s’endormir.
Deux heures plus tard, on descend du plateau vers la grande palmeraie de M’Haireth, qui fait plus de dix kilomètres de long.
On est accueillis à l’auberge Toun, avec piscine - réservoir surélevé rempli d’une eau un peu trouble, mais si rafraîchissante.

- Hutte douce et ronde en feuilles de palmier
Chemises bleues et draas sèchent sur les buissons. J’en profite pour faire aussi une petite lessive. Repas lentilles pastèque : santé, sobriété. Mais le soir, surprise, il y aura une soupe d’orge et de mil mêlée à du lait et de l’huile d’olive, du chevreau-couscous légumes et même, en dessert, une crème au chocolat mise à rafraîchir par Mohamed.

- Jeu de dames dans le sable
- bâtonnets pour les blancs et crottes de chameau pour les noirs
Sieste. On nous installe un tuyau percé pour rafraîchir l’entrée de notre hutte. Oh le doux chuchotement de l’eau ! On raconte des bêtises. Alain fait des jeux de mots. Ce soir, il nous chantera Brassens. Une chevrette bêle en tirant la langue. Elle a perdu sa maman. Nina l’imite à la perfection : un " Mammaannn" qui fera partie de nos souvenirs sonores.
En fin d’après-midi, on se promène dans le village, escortés par deux gamins, puis trois, puis cinq ou six. Nous commentent les lieux, l’école, le dispensaire, le cimetière. La vie quotidienne : l’école de 8h00 à midi et de 15h00 à 17h00. L’été, les dattes, par cinquante degrés.
" On peut quand même faire quelque chose à l’ombre des palmiers, dit le plus jeune, comme apprendre des poésies..."
Ils ont les dents éclatantes de blancheur. Notre guide aussi se frotte les dents avec une branche d’acacia. C’est la brosse à dents du nomade. Il nous en cueillera une sur la route du retour.
Bénédicte
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