Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar
Chapitre 1 : Le premier bivouac
Chapitre 3 : Les dunes
Chapitre 4 : L’oasis de Tergit
Chapitre 5 : La palmeraie
Chapitre 6 : Les derniers jours
Chapitre 7 : La nostalgie
Chapitre 2 : La marche
11 et 12 avril 2006
Mardi 11 avril

- Première pause de la matinée.
- On nous offre un bol de lait de chèvre fermenté.
Réveil à 5h30, un peu d’eau sur la figure, rangement des sacs, petit déjeuner sur la natte. Le thé, le vent ou les deux ? je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit.
On part avant que les chameaux soient chargés. Ils nous rattraperont en route. On longe une barre rocheuse, dans les gorges d’un oued, on traverse des villages aux huttes en forme de dômes recouverts de feuilles de palmier. Dans un enclos, où vivent des femmes entourées d’enfants, on goûte le lait de chèvre fermenté mélangé à de l’eau sucrée. Délicieux, même si on a un peu peur de boire à cause de nos estomacs fragiles.
Après trois ou quatre heures de marche, on rejoint les chameliers sous un bouquet d’acacias à proximité d’un puits caché dans le sable.

- Au village d’Aouinet, des femmes, des enfants, habillées de couleurs lègères.
Le sable soulevé par le vent, on va en manger pendant six heures, entre deux fois trois thés et quelques allers-retours au puits. La chaleur a raison de nous : finalement, à part dormir, ne pas bouger et boire du thé, que faire ? Il y a bien de belles falaises alentour, mais pour les atteindre ce serait trop d’effort. Il faut revenir en hiver pour l’escalade.
Bivouac au pied d’une dune coulant de la falaise. La lune me fait mal aux yeux. A quatre heures du matin, les chameliers font un feu de brindilles. Leur premier thé de la journée, rien que pour eux. Les dromadaires s’approchent, lents, silencieux. La silhouette du grand chameau blanc surgit au centre de l’oued.

- La guelta de Tachott à l’aube
- Dommage, on ne peut pas s’y baigner car les bêtes viennent y boire.
Ahmed se lève, va vers notre guide encore endormi, lui touche le pied pour le réveiller, lui tend un verre de thé, le premier, le plus fort. Fort comme quoi déjà ? Comme la vie ou comme l’amour ? Je me souviens juste que le troisième est doux comme la mort. J’ai trouvé ça bizarre, "doux comme la mort".
Mercredi 12 avril
On passe par la guelta de Tachott, puis il nous faut traverser un grand plateau caillouteux où nous croisons un troupeau de chameaux au lever du jour. Après une longue marche dans le sable de l’oued, on s’installe sous un abri rocheux qui domine le village de l’émir de l’Adrar. Arrive illico un vendeur de sodas tenus au frais dans une glacière, puis un vendeur de bijoux.

- Il était une fois des dromadaires qui marchaient de bon matin vers l’abattoir d’Atar.
En silence, il étale sur la pierre un tissu rouge sur lequel il aligne ses trésors. J’achète un pendentif et une bague, mais ça devient vite fatiguant de marchander par cette chaleur. A 16h30 Mohamed est là, chaussures aux pieds, il faut repartir. Je fais un tour sur le promontoire, au soleil, pour voir. C’est décidé, je ne marcherai pas par cette chaleur ! Je suis en vacances nom d’une pipe ! On gagne une petite heure. Le visage en feu, nous longeons des palmeraies bordées de riches habitations. Je me traîne à l’arrière, les jambes comme du bois, jusqu’à notre troisième bivouac, une superbe plage de sable au milieu des palmiers. Il ne manque que la mer.
Bénédicte
Articles de cet auteur
Site réalisé avec SPIP 1.9.2d + ALTERNATIVES

