Le Jardin d’Idoumou - Adrar - Mauritanie
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La dune Echouve

samedi 16 février 2008 par Bénédicte

Le deuxième voyage

chapitre 3

Chapitre 1 : Les retrouvailles
Chapitre 2 : Une journée à Atar
Chapitre 4 : Marcher dans le désert
Chapitre 5 : Un vrai chamelier
Chapitre 6 : L’instit
Chapitre 7 : De vrais amis

Mardi

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Le départ

Je me lève trop tôt car rien ne bouge avant 8 heures. Puis finalement, les choses se font, les provisions, la khayma, les couvertures s’entassent sous le préau. On prend le petit-déjeuner tranquillement. Tout le monde a l’air d’avoir froid alors que je ressens tout juste une légère fraîcheur de matin d’été.

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Ma selle

On part vers dix heures à la rencontre des chameaux qui nous attendent avec Ely Kori et son fils Brahim, à la périphérie d’Atar. Chargement des bêtes, montage de la belle selle prévue à mon intention, et dont je ne me servirai pas. Vite, retrouver le plaisir de la marche.

Mon chameau blanc (Eljmel Elbyad) se laisse mener sans rechigner, et Ely Kori, toutes les minutes, me déverse une ribambelle de mots utiles, corde, bâton, sac, sable, bois… que j’oublie aussitôt après les avoir prononcés. Les seuls qui me restent en fin de journée : mouss (couteau) et Kard Echouve, le nom de la dune au profil parfait vers laquelle nous nous dirigeons au soleil couchant. Finalement Ely Kori possède un vocabulaire utile assez étendu en français, et il est imbattable sur les nombres.

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Mon chameau blanc

La seule chose qui lui manque, c’est le sens de l’esthétique dont les seigneurs guides font leur marque distinctive : pourquoi en effet avoir troqué son boubou bleu contre une espèce de jupe beige et un anorak vert ? Il n’a pas encore réalisé qu’aux yeux des touristes, le boubou mauritanien, ça fait classe, et c’est beau sur les photos devant les dunes. C’est ça qui permet de distinguer de loin un guide d’un chamelier d’ailleurs. Il me fait penser à mon grand-père paysan qui ne mettait son costume du dimanche que le dimanche, ou pour une visite chez le maire ou le docteur.

Avec son anorak vert resserré à la taille par une ceinture, il veut être sur toutes mes photos. Et comme mon grand-père sa casquette, il ôte son chèche avant la photo.

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Bouha et Elikori
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Brahim

Quant à Brahim, son fils, il ne pipe pas mot, fait le thé et s’occupe des chameaux. Vingt-deux ans, ne comprend pas du tout le français. A six heures on établit le campement dans un oued asséché au pied de la dune Echouve. Petit paradis. Le silence est total. Et la solitude un peu troublante. J’apprends que la dune a une histoire : lors de la résistance aux français, la garde se faisait depuis le haut de la dune, excellent point d’observation. Et le fond de la gorge servait de cachette.

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Sur la piste vers la dune

   

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La dune Echouve

Je participe à la corvée de bois, c’est encore ce qu’il a de plus facile à faire pour participer aux tâches ménagères.
- C’est glacé, disent mes compagnons en touchant le sable froid. Faut pas exagérer.
- Va en Suisse, je lui dis, tu verras comment c’est « glacé ».

Bouha me montre en détail comment faire le dernier thé :

  1. faire chauffer autant de verres d’eau que de verres de thé à préparer,
  2. ajouter le thé (pas beaucoup) dans la théière,
  3. refaire chauffer,
  4. là, ça devient très compliqué, on verse le thé dans les verres, soit pour les chauffer, soit pour en jeter la moitié, soit pour goûter le thé. On reverse dans la théière, on ajoute la menthe et le sucre. On fait la mousse : transvasement le plus vif et le plus haut possible d’un verre à l’autre. Enfin, chacun a sa technique d’aération et de fabrication de mousse. Un jour, a dit Nema, il faudra inventer l’aérosol à mousse de thé. Un pschitt dans chaque verre et c’est fini. Mais il manquerait quelque chose à la cérémonie, qui dure autant que le désire celui qui fait le thé. C’est son espace de liberté personnelle.

Je ne suis décidément pas très douée, surtout à la lampe de poche. La nuit tombe vite en hiver.

Chapitre 4 : Marcher dans le désert


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